Petits morceaux de foudre
Petits morceaux de foudre, écrite par Lauren Hartley et présentée dans la salle Réjean-Ducharme du Théâtre du Nouveau Monde, explore l’évolution d’un lien intense entre deux jeunes filles unies par un vécu commun. L’œuvre suit le parcours de Maya, une jeune femme vive et charismatique, et de Judith, plus réservée et contemplative. Malgré la solidité de leur relation, un déséquilibre s’installe, Maya prenant souvent le dessus et Judith restant dans son ombre, silencieuse et soumise à l’admiration.
Sous l’assurance apparente de Maya se cache une douleur profonde, enracinée dans un abandon irrésolu et amplifiée par un traumatisme évité de peu. Ce passé influencera lourdement ses réactions, notamment une colère sourde qui s’exprime à travers des tensions croissantes. L’écriture évoque aussi, de manière implicite, la pression sociale que subissent les femmes dans leurs amitiés : celle de se protéger mutuellement contre les dangers externes, notamment la violence masculine. Toutefois, ce thème reste en arrière-plan, contrairement à d’autres œuvres abordant ce sujet plus frontalement.
Structurée en une série de tableaux brefs, la pièce alterne les tons et les lieux de manière fluide, mais parfois au détriment de la cohérence dramatique, notamment dans les moments clés. L’éclairage, bien que stylisé et créatif, nuit parfois à la lisibilité des émotions sur scène. Si certains spectateurs pourraient trouver le propos un peu mince ou le récit fragmentaire, la pièce demeure portée par deux solides performances et la promesse d’une jeune autrice à suivre. Malgré ses maladresses, l’œuvre pose un regard sensible sur les complexités de l’attachement féminin et les cicatrices laissées par l’enfance.





