Le phoque annelé du Saimaa, présent uniquement dans ce grand lac finlandais, comptait environ 530 individus au début de 2025. Cette hausse reflète des années de protection, mais aussi une adaptation ingénieuse : fabriquer des congères et des abris lorsque l’hiver manque de neige.
Une population encore petite, mais en croissance
Metsähallitus, l’organisme finlandais chargé des parcs et de la faune, estimait la population hivernale à 530 phoques en 2025, contre 495 l’année précédente. Le nombre de naissances progresse lui aussi : 114 petits ont été recensés en 2025, alors qu’on en comptait environ 80 par année dix ans plus tôt.
L’espèce vit uniquement dans le lac Saimaa. Son isolement rend chaque perte importante et oblige les biologistes à suivre les tanières, les naissances et les déplacements avec précision. Plus de 300 bénévoles locaux participent chaque année à ce travail de terrain et aux mesures de conservation.

Des congères fabriquées pour remplacer la neige
Les femelles mettent normalement bas dans des cavités creusées dans les amas de neige qui bordent le lac. Or, les hivers doux réduisent la quantité de neige disponible. Des bénévoles et des spécialistes construisent donc des congères artificielles et installent certains abris pour offrir aux petits une protection contre le froid, les prédateurs et les dérangements.
En 2025, 85 % des petits observés avaient utilisé une congère aménagée ou un abri artificiel. Cette intervention ne remplace pas un climat hivernal stable, mais elle limite les pertes pendant les années défavorables. Les restrictions sur certains filets de pêche ont aussi permis à davantage de jeunes phoques d’atteindre l’âge adulte.
Un succès qui demeure fragile
Les résultats ne sont pas uniformes dans tout le lac. Certaines zones du sud connaissent une croissance rapide, tandis qu’aucune naissance n’a été observée pendant trois ans dans une partie du nord du Saimaa. La mortalité des petits atteignait encore 19 % en 2025, presque deux fois le niveau observé lorsque les conditions sont favorables.
Les prises accidentelles dans les filets restent une autre menace importante, surtout après la fin de l’interdiction saisonnière. La progression de la population montre que les mesures locales fonctionnent, sans signifier que l’espèce est sauvée. Elle devra compter durablement sur la protection des zones de reproduction, des pratiques de pêche adaptées et la mobilisation des riverains.
Le cas du Saimaa illustre une conservation très concrète. Une pelle, quelques heures de travail et une bonne connaissance du lac peuvent créer un abri utilisé par une mère et son petit. Derrière ce geste simple se trouvent pourtant des années de recherche, de coordination et de suivi. Les responsables doivent choisir les bons emplacements, limiter le dérangement et vérifier les résultats au printemps. Cette combinaison entre science et participation citoyenne rend l’effort reproductible d’une année à l’autre. Elle rappelle aussi que l’adaptation peut gagner du temps, mais qu’elle ne remplace pas la réduction des pressions climatiques et humaines.
Sources
- Metsähallitus, Saimaa ringed seal population continues to grow – mild winters and gill nets remain a threat, 28 octobre 2025.
- UICN, Commission de la sauvegarde des espèces, Conservation Success Stories 2021-2025, 2025.
Crédit photo : Photos : Himmel S et Vatroslav Bank / Unsplash. Images d’illustration; elles ne montrent pas le phoque.
Article rédigé en partie avec l’aide de l’IA.
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