Hosanna ou la Shéhérazade des pauvres
Jusqu’au 9 décembre, le Théâtre du Nouveau Monde accueille Hosanna ou la Shéhérazade des pauvres, une production réalisée conjointement avec le Théâtre du Trident joue au Théâtre du Nouveau monde jusqu’au 9 décembre.
Maxime Robin signe l’adaptation et la mise en scène de ce spectacle qui fusionne deux œuvres majeures de Michel Tremblay. Le rôle de Claude Lemieux, alias Hosanna, est porté par Luc Provost, entouré de trois interprètes — Vincent Roy, Sacha Lapointe et Oscar Vaillancourt — qui incarnent différentes étapes de sa vie. Nous avons d’ailleurs discuté avec l’équipe pour mieux comprendre la démarche derrière cette création.
Le spectacle revisite d’abord l’histoire racontée dans Hosanna, où un jeune travesti des années 1970 vit une humiliation marquante après s’être présenté en Cléopâtre à une soirée. Cet épisode laisse sur lui une blessure durable. La Shéhérazade des pauvres, roman plus récent, reprend le même personnage à un âge avancé, alors qu’il revient sur son passé lors d’une entrevue.
La pièce combine ces deux temporalités et met en scène la discussion entre Claude et Yannick, un journaliste du magazine Fugues qui traverse des questionnements similaires. À travers leurs échanges, on plonge dans les souvenirs chaotiques de Claude, révélant à la fois ses blessures et les transformations sociales liées à l’identité de genre.
Pour Maxime Robin, l’enjeu principal était de traduire sur scène un demi-siècle d’évolution culturelle. Il a imaginé un dispositif circulaire inspiré de la chanson The Windmills of Your Mind afin d’évoquer la mémoire en mouvement. Le décor, pensé comme un assemblage de fragments, laisse coexister toutes les époques simultanément.
Luc Provost, surtout connu comme Mado Lamotte, trouve ici un rôle très éloigné de son personnage flamboyant. Il souligne d’ailleurs le contraste entre la réalité des dragqueens d’aujourd’hui et celle des travestis d’autrefois. L’œuvre aborde aussi la place du costume dans la construction identitaire, ainsi que la force de certains souvenirs d’enfance.
Enfin, la pièce souligne les avancées et les défis persistants autour des questions trans et queer. Malgré les progrès, plusieurs enjeux demeurent sensibles, et cette œuvre se présente comme une occasion d’ouvrir la discussion.





