Parachute Libre
Pour finir sa saison, le Théâtre du Rideau Vert présente Parachute libre, la pièce de l’Américain David Lindsay-Abaire, où on jongle sans cesse entre rires et drame. Ce spectacle, c’est aussi le dernier choix de Denise Filiatrault, qui a quitté la direction artistique l’an dernier après vingt ans à la barre. En bref, c’est une comédie qui joue sur la réconciliation à coups d’humour, et ça rappelle fort les relations explosives de la série culte Moi et l’autre — un petit clin d’œil aux nostalgiques.
Tout se passe dans une chambre double d’une résidence pour personnes âgées. Alice, une résidente au caractère bien trempé qui préfère avoir la pièce à elle toute seule, voit débarquer Marilyn, l’éternelle optimiste. Les deux femmes se retrouvent vite face à des tensions quotidiennes et lancent un drôle de défi : si Alice arrive à faire craquer Marilyn, cette dernière repart. Si au contraire Marilyn parvient à effrayer Alice, elle gagne le fameux lit près de la fenêtre et sa place. Et là, les coups bas et rebondissements s’enchaînent, fidèle au style de Lindsay-Abaire — déjà applaudi au Québec pour Le terrier en 2016. Martin Faucher signe une mise en scène très simple mais efficace, réussissant à rendre l’atmosphère de la résidence. Il ajoute aussi des scènes extérieures, comme un saut en parachute qui surprend visuellement.
Par contre, le spectacle tire un peu en longueur. Plus de deux heures, avec l’entracte, et l’intrigue s’essouffle parce qu’on connaît les enjeux dès le début. Même le final, malgré un gros revirement, manque de mordant.
Les actrices principales tiennent tout sur leurs épaules, et ça fonctionne. La distribution est solide : Ismaïl Zourhlal campe un préposé dévoué, et Geneviève Alarie, Mathieu Gosselin, Éric Robidoux jouent les enfants des protagonistes. Au-delà du comique, la pièce touche à des thèmes sensibles : le vieillissement, les vieux traumatismes et cette difficulté de s’ouvrir quand on arrive au bout de la vie.





